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VOICI UNE DÉFINITION COMPLÈTE DE L’ÉVEIL

L’éveil correspond à la connaissance ou à la réalisation intérieure ou la prise de conscience que la seule Voie de la Libération réside dans l’intériorisation et la connaissance, dans la progression sur la Voie spirituelle.Il s’agit de la prise de conscience de ne pas être limité à son corps et au monde terrestre qui conduit à se reconnaître dans sa Totalité pour être davantage. C’est voir clair, se rendre compte précisément ce qu’est l’Illusion, mais sans pour autant s’en prendre à elle, car celui qui s’y attaque la renforce. C’est la prise de conscience de sa Réalité divine et de l’omniprésence de Dieu qui font que tout est Amour. Elle s’oppose à la conscience assoupie ou endormie et elle nécessite un travail quotidien dans l’immédiateté (l’ici et le maintenant) qui donne des résultats à la mesure de ses efforts, de sa pureté d’intention, de sa sincérité, de l’intensité de son lien avec son Soi supérieur, de son degré d’amour et d’abandon à l’Univers. Il faut prendre conscience de son Être total et commencer à fonctionner dans la réalité supérieure qui est le lieu ou l’état de son corps interdimensionnel.

En principe, dans les enseignements anciens, on parlait plutôt d’«éveil spirituel» ou d’«éveil de la conscience» pour parler de cette prise de contact progressive avec son Centre spirituel et avec les plans d’énergie plus subtils de son être. Elle laisse supposer que l’homme ordinaire constitue une divinité déguisée, voire endormie, mais qui n’a rien perdu de ses potentialités originelles, comme il a été «conçu à l’image et à la ressemblance de Dieu», ce dont il a seulement perdu le souvenir en plongeant et s’enfonçant dans les plans de la densité et de la dualité. En s’élevant dans l’Arbre de Vie ou l’Échelle évolutive, ce qui consiste à entrer en contact avec des énergies toujours plus subtiles à l’intérieur de lui-même, il fait grandir sa propre conscience, discernant toujours mieux sa propre Réalité divine. Pour y arriver, il faut simplement entrer en communion avec son Centre divin duquel il peut trouver les informations les plus pertinentes, relativement à son expérience en cours, et les meilleures énergies, pour trouver des solutions à ses problèmes, au lieu de chercher les réponses à ses questions hors de lui, dans le monde matériel.

En fait, jusqu’à il y a peu, l’être humain pouvait s’éveiller en cherchant une direction sûre au bon endroit, en se posant les bonnes questions et en réaménageant ses priorités par rapport aux découvertes qu’il faisait selon son But ultime. Il commençait à évoluer car il puisait ses énergies à la Source divine cachée tout au fond de lui-même. Comme l’éveil spirituel représentait l’aventure merveilleuse de la découverte de lui-même dans sa Réalité divine, les enseignants conseillaient qu’il se pose les principales capitales qui pouvaient l’induire dans cet état et qui se formulaient : «Qui suis-je?» «Pourquoi est-ce que je vis sur la Terre?» «La vie aurait-elle un sens?» «Alors, quel serait ce sens?» «Et si la vie a un sens, y ai-je un rôle à jouer?» «De quoi ai-je besoin pour réaliser le sens de la vie?» «Qui peut réellement m’aider à vivre pleinement ma vie?»

Dans ce contexte, l’éveil spirituel devait amener à comprendre toujours mieux les mystères apparents de l’Univers et à trouver des outils de transformation intérieure pour aider un être incarné à s’élever sans cesse dans les plans de la Conscience divine et à vivre plus facilement. Dans cette expérience, tout ce dont un être avait besoin se présentait au moment opportun, selon la force de son engagement et l’élimination de ses résistances. En fait, pour les guides, il fallait rappeler aux êtres humains que l’évolution spirituelle restait une entreprise aussi vaste que la Conscience divine dont elle repoussait sans cesse les frontières infinies. Ne pouvait-on pas penser légitimement que la connaissance aidait à accéder au plan supérieur de conscience, à fusionner avec son Centre divin, pour valider directement, par l’expérience, les potentiels de son être.

Dans ce contexte, pour des raisons didactiques liées à l’époque et au degré de la conscience de l’humanité, les mentors opinaient que l’éveil spirituel ne pouvait résider que dans l’évolution qui résultait du contact avec le Grand Soi et avec les Puissances supérieures, ce qui est toujours le cas. Comme toujours, il s’agissait de passer de l’ego (la personnalité) à l’Égo, la dissolution dans l’Étincelle divine. C’était un «Jeu amoureux», de conception divine, qui avait pour but de faire le tour de soi en finissant par revenir au Centre, soit à apprendre à vivre plus facilement, plus amoureusement, plus tranquillement et plus joyeusement en cherchant les outils qui aident à bien vivre au quotidien. On représentait cela comme le fondement de la vie sur lequel il fallait se centrer entièrement pour apprendre à considérer la vie dans une perspective plus vase. Il consistait à unifier sa volonté personnelle à la Volonté suprême pour gagner en conscience sur la Voie de l’Évolution par la participation personnelle à cette transformation constante.

Dans cette entreprise, l’être humain trouvait peu à peu son plan de vie, le travail qu’il avait choisi de faire dans sa présente incarnation et les outils qu’il détenait pour y parvenir. L’éveil spirituel continuait dans l’harmonie et la facilité dans la mesure où l’être humain apprenait à aimer ce qu’il avait choisi de faire et en faisant toujours ce qu’il aimait. En s’ouvrant aux plus hautes dimensions de l’Existence, à l’intérieur de lui-même, il réussissait à lever le voile des illusions et à voir le Monde avec les yeux de sa Conscience divine. Alors, accordant sa voix à la sienne, pour exprimer la vérité, l’amour et la sagesse, son mental s’éclairaient et ses sentiments inclinaient vers la sérénité, se fondant dans la Lumière qui émane du Grand Soi. Au terme de la Voie, l’éveil spirituel devait mener à l’Illumination, à la fusion en Dieu.

Pour chacun le parcours de la Voie se démontrait d’autant plus sûr, aisé et agréable qu’il restait guidé par l’intérieur et restait en harmonie avec ses valeurs et ses aspirations profondes. La transformation intérieure ne pouvait provenir que de la construction de son Corps de Lumière pour inculquer à la Matière une vibration plus élevée. En cela, les êtres humains s’éveillaient par vagues successives, à la façon d’un tissu tissé bien serré que l’Énergie divine élevait dans sa subtilité, soit à mesure que chacun d’entre eux apprenait à recevoir et à retransmettre une part de la connaissance, appelée le Savoir. Si tous les êtres humains s’étaient éveillés en même temps, il y aurait eu un chaos qui aurait mis fin à l’expérience de validation de ses concepts de l’Absolu à travers les êtres incarnés. Cet éveil ne pouvait avoir lieu qu’au moment où un être particulier avait la maturité requise pour le supporter, sinon il n’aurait pu en tolérer la charge, comme c’est le cas pour un élément impropre à accueillir un courant très fort. Si la force des énergies émises ne correspondait pas à la capacité de réception, elle pouvait détruire le corps, commençant par attaquer le système nerveux et par obnubiler la mémoire.

En principe, dans la présente phase, les gens ont bien du mal à comprendre que l’éveil spirituel ne représente pas un processus qui se déroule par étapes, mais qu’il constitue seulement la redécouverte de Cela qui est déjà là, tout fait, au plus profond de chacun. Pour chacun, il ne représente que le fait de retrouver le naturel ou d‘accepter et de revêtir sa réalité propre dans une quête intérieur. Du reste, ce que les Maîtres de la Hiérarchie ont dit des problèmes évolutifs antérieurs ne concerne pas le présent. Pour chacun, désormais, l’éveil peut avoir lieu instantanément. Il faut seulement que l’être incarné pense à une qualité qu’il aimerait réaliser tout de suite et, s’il accepte cette suggestion, il peut en renforcer la présence sur le champ. Tout réside dans la certitude de son affirmation, dans la puissance de son ressenti, dans la grandeur de sa foi.

Mais aujourd’hui, comme le temps s’est aboli dans l’Instant éternel depuis un bon moment, ce n’est plus, pour personne. le temps de subsister et d’exister, mais de s’éveiller à l’Être, voire d’être tout simplement! En effet, la Terre vient de vivre sa délivrance finale de sorte que l’éveil représente maintenant davantage le fait de mettre fin à un jeu : celui de se raconter des histoires pour refermer un livre périmé. Dès lors, tout le monde est invité à considérer, pour bien le saisir, ce qui, en lui, reste accroché en lui, qui peut perturber ses sentiments, engendrant de l’émotivité, et qui déranger autant son mental que son corps.

Les Eaux divines viennent d’être libérées et vont déferler sur le monde. Pour cette raison, puisque les sentiments sont reliés aux eaux d’en bas, qui s’apprêtent à se joindre aux Eaux d’en haut, l’être humain doit prestement extirper de son conscient et de son inconscient tout ce qui, sur ce plan, peut faire barrage, dans des informations interférant avec l’Eau naturelle désormais appelée à circuler plus librement en chacun et sur la planète.

Pour chacun, le temps est venu dévoiler les masques, d’observer de quelle façon il entretient encore des illusions par rapport à la réalité de la vie, ce qui le conduit à se perdre dans des histoires aussi farfelues que périmées. Il gagne à les offrir à la Lumière divine pour qu’elle les dissolve. Car, en ce moment même, chacun est appelé à rendre tous les accessoires, tous les moyens, tous les costumes qu’il aimerait encore porter pour poursuivre un plan quelconque, d’exercer une fonction, d’incarner une mission sur cette Terre, dans la troisième dimension, car, comme cela a été rappelé il y a peu, pour personne, désormais, il n’y a plus de récit à poursuivre, il n’y a plus qu’à être au lieu de subsister ou d’exister.

Donc, tout le monde gagne à veiller à bien regarder comment, en lui, il joue encore un personnage, engraisse un ego, dans ses motivations, dans ses aspirations, dans ses gestes et ses postures, dans ce qu’il tient à paraître ou à démontrer dans sa relation avec chaque être incarné. Le temps est venu de retourner son regard vers l’intérieur et de constater ce qui, apparemment, se présente à lui dans son expérience du moment et qui lui révèle en quoi il entretient encore l’illusion d’une séparation en renforçant son individualisation. Il est temps qu’il se replace au cœur de la Vérité de l’Être qui n’a plus que faire de l’existence errante parce qu’elle n’a plus rien à y dévoiler.

Donc pour produire l’éveil complet qui s’impose en ce moment même, chacun gagnerait à regarder ce qui, en lui, tente encore d’exister ou de survivre à l’extérieur de Cela-qui-est, ce qu’il veut encore apprendre, comprendre, faire, accomplir, obtenir, posséder, accaparer, réaliser, prouver ou exprimer au lieu d’éprouver, tout simplement, Cela qu’il est réellement dans la présente phase de Révélation, de Face à Face et de Retrouvailles en Qui-il-est. Pour chacun, l’éveil a pour but de retrouver sa réalité comme elle est, plutôt que telle qu’il la veut ou qu’il la croit.

Source: Bertrand Duhaime (Douraganandâ)

Jean-Charles Fricotté