Dire « merci », c’est bon pour la santé !

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Ce petit mot tout simple du quotidien peut nous faire plus de bien que nous ne le pensons. Des chercheurs l’ont évalué et le prouvent.

Nous remercions presque sans y penser, pour une porte tenue, un verre rempli à table… La démarche est plus appuyée pour un gros service rendu ou une gentillesse d’importance. C’est évident pour nous, tant la politesse et le « dis merci! » était un pilier incontournable de notre éducation!

Mais au-delà du caractère systématique, ce témoignage de gratitude est riche en bénéfices.Les chercheurs en psychologie ont évalué par de nombreuses études ses effets dans les relations sociales, mais aussi sur notre santé morale, et même physique! À condition de dépasser l’automatisme, justement, pour redonner tout son sens à ce « mot magique ».

Les Américains ne s’y sont pas trompés: ils consacrent chaque année une journée à la gratitude avec Thanksgiving, qui porte bien son nom. Et pour nous, pour nos enfants et petits-enfants, Noël pourrait être l’occasion de dire toujours plus et mieux merci. 

• Dire merci, ça renforce des liens 

« Après avoir été reçue, j’envoie toujours un petit message pour remercier le lendemain,reconnaît Catherine, 67 ans. C’est normal, et je revis ainsi le plaisir de la veille, je pense à celui que j’aurai à recevoir prochainement à mon tour. » Bel exemple de cercle vertueux du remerciement qui renforce la relation dans le temps, incite le donateur à rester généreux, et celui qui reçoit à en faire autant. 

« Régulièrement plébiscitée par les Français dans les sondages, la politesse est effectivement considérée comme ce qui permet de bien vivre ensemble et dire merci est la règle n°1 à respecter », rappelle Frédéric Rouvillois, auteur du Dictionnaire nostalgique de la politesse.

Le bénéfice dans les relations sociales a été mesuré par l’étude P. Watkins, à l’université de Washington. « Elle montre que les personnes les plus appréciées et qui avaient donc plus de contacts satisfaisants, étaient celles qui étaient reconnaissantes », explique la chercheuse Rebecca Shankland, auteur du livre Les Pouvoirs de la gratitude. Intuitivement, Patrice, 71 ans, l’a bien compris. « Quand mes enfants appellent, j’insiste toujours sur leur gentille attention. Je les remercie, même si j’ai un peu attendu leur coup de fil… Je ne veux pas qu’ils le fassent par obligation et résultat, la maison est régulièrement pleine. » 

• Dire merci, c’est bon pour le moral 

L’enrichissement de nos relations sociales, notamment par nos témoignages de reconnaissance, ne peut qu’aider moralement: « éprouver de la gratitude réduit le sentiment de solitude car cela nous permet de nous sentir reliés aux autres, même si les moments passés avec eux ne sont pas si nombreux », précise Rébecca Shankland. « Voilà qui prouve l’enjeu humain fondamental de la politesse, au-delà des codes sociaux », ajoute Frédéric Rouvillois, qui considère plus le savoir-vivre comme un savoir-être nous poussant à voir l’autre réellement. 

Et cela nous fait profondément du bien. Il n’en fallait pas davantage pour souligner, grâce à plusieurs études, l’effet protecteur de la gratitude contre la dépression. « Plus nous savons dire merci aux autres, à la vie qui nous gâte, moins nous nous sentons déprimés »,confirme Rebecca Shankland, recherches à l’appui.

Jean, 59 ans, en a fait récemment l’expérience: « J’ai dû écrire un texte pour les 90 ans de mon père. Cela me pesait car nos relations sont tendues depuis toujours. Mais j’ai finalement trouvé plein de souvenirs positifs et j’ai compris tout ce qu’il m’avait apporté. Je l’en ai donc remercié. En lisant ce texte lors de la fête, j’ai éprouvé une libération. Mon père était très ému et il m’a remercié à son tour. Quelques mois après, le bénéfice est toujours là, comme si un fond de tristesse se dissipait peu à peu après tant d’années. »

• Dire merci, c’est bon pour la santé 

Encore plus fort: notre corps en profiterait directement. « Les observations par imageries cérébrales de la fréquence cardiaque, de la tension et de la sudation ont montré une réduction des manifestations liées au stress et du taux de cortisol notamment (-23%) sous l’effet d’émotions positives comme celle que génère le sentiment de reconnaissance », rapporte Rebecca Shankland.

Le rythme cardiaque ralentit, la tension baisse, c’est donc bon pour le cœur, pour l’organisme moins exposé aux phénomènes d’oxydation, mais aussi pour les fonctions cérébrales. La gratitude décuple ainsi étonnamment la créativité et l’agilité intellectuelle. Ce genre d’émotion positive joue même sur l’immunité et protégerait de la rhinite! Une valeur sûre en cette saison… Sans aller jusqu’à imaginer prescrire des « mercis » sur ordonnance, cultiver cette démarche nous met dans une dynamique bénéfique pour la santé du corps et de l’esprit! 

• Dire merci, ça se cultive 

« Je suis d’une nature positive, reprend Catherine, et j’aime bien passer en revue toutes les bonnes choses de la journée, avant de m’endormir. Plus je m’y exerce, plus je vois de bénéfices dans ce que j’avais vécu. »

Les experts en psychologie positive proposent aussi d’autres techniques, comme la tenue régulière d’un journal de gratitude pour y inscrire les bienfaits reçus. « C’est tellement efficace que la méthode a été intégrée à des protocoles de soins de patients dépressifs », ajoute Rebecca Shankland. Autre exercice: s’efforcer d’être simplement plus réceptifs à ce que nous ressentons, à ce que nos sens perçoivent, par la méditation en pleine conscience ou des exercices d’attention.

Cela aide à mieux mesurer les dons reçus, petits ou grands. Enfin, la lettre de gratitude, ou le fait d’écrire à une personne pour la remercier de quelque chose d’important, a aussi fait ses preuves un peu comme pour Jean, à travers le texte dédié à son père. Et « les cartes de vœux remplissent aussi cet effet, à condition de ne pas se contenter de formules toutes faites, mais de dire en quoi l’année passée a été marquée de moments importants, partagés avec le destinataire, afin de l’en remercier sincèrement », ajoute Frédéric Rouvillois. 

• Dire merci, ça s’apprend 

Nous n’avons donc jamais fini d’apprendre à dire merci, même si cela commence très tôt, avec nos enfants et petits-enfants. Comment leur faire comprendre à quel point c’est important? « En donnant l’exemple, en se disant souvent merci entre adultes, aux enfants… », conseille avant tout la psychologue Rebecca Shankland.

Certes, les enfants qui l’entendent vont l’intégrer, mais le sentiment de gratitude, si protecteur pour eux, ne sera pas forcément au rendez-vous. Une fois de plus, des études l’ont mis en évidence: plus l’attente de l’adulte est importante, moins l’enfant éprouve sincèrement de reconnaissance. Annick, 64 ans, a renoncé à se formaliser. « Je suis bien moins ferme avec mes petits-fils que je ne l’ai été avec mes enfants. Quand je leur donne un cadeau et qu’ils me regardent avec un grand sourire, cela vaut tous les mercis. Et naturellement, l’aîné, qui a 5 ans, s’est mis à le dire systématiquement. »

À nous de les féliciter aussi quand ils remercient pour qu’ils se rendent compte que cela compte pour nous. Finalement, rien n’est dû, tout se donne pour être reçu avec plaisir. 

Par Sophie Viguier-Vinson

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